Hello,

T'es resté? Cool, on va pouvoir discuter un peu alors.

Ces derniers temps, je suis prise de crises brutales d'expérimentations dans ma micro cuisine.
La faute à qui?
La faute au rayon abats qui me plonge toujours dans des abîmes de perplexité.

Je suis une nana plutôt ouverte aux nouvelles choses et curieuse de nature. En plus, je suis une nana qui a déjà manger des trucs réputés beurk, style le boudin et le foie et qui apprécie ces choses.
Le boudin aux oignons poêlé à sec avec quelques tranches de pommes acides, ça m'enchante et ça me permet de maintenir mon taux de fer qui a une tendance naturelle à se casser la gueule ce qui n'est pas agréable du tout.

Donc je fréquente la viande côté abats.
J'ai fais une expérience, il y a peu, troublante, en cuisinant un pied de veau. J'ai pas pris de photos et vous n'aurez pas la recette, parce qu'en fait je vous aime bien. Des plombes de temps en cuisson et à l'arrivée une chose étrange, non répertoriée dans mes goûts qui m'a laissée plus que dubitative.
Impossible de dire si j'aimais ou pas. Pas franchement mauvais mais pas l'éclate non plus, juste que j'ai pas du tout envie de recommencer l'expérience. J'en déduis qu'une part de moi n'a pas géré la chose.

Heureusement dans ce rayon abats, il y a des choses qui semblent plus à ma portée sensorielle.
Comme la joue de bœuf.

La joue de bœuf se présente en morceaux allongés et de couleur foncée. J'ai lu mains articles vantant les mérites de ce morceau et bravant  l'inconnu, j'en ai ramené une barquette at home.
Qui a atterri dans le frigo avant de rejoindre une joyeuse bande de légumes dans le congélo.
Parce que la joue de bœuf, c'est déjà trois heures de cuisson et que ça se trouve pas sous les pieds d'un veau ces trois looooongues heures.

J'ai fini par me lancer et j'ai bien fait.
La joue de bœuf, c'est l'éclate totale.
Ça a donné un truc comme ça :


joue_de_boeuf__pinards_florentine_005

La photo, elle est plus que moyenne, je sais, mais il faisait nuit




Pour ce faire :

Le dimanche matin, sortir la viande du congélo et la coller au frigo en espérant qu'elle soit dégelée le soir.
Le soir vers les 21h00, se rendre compte que ça y est maintenant, elle est dégelée mais qu'il est bien tard.
Se dire tant pis, si je me lance pas maintenant, je me lance jamais.

Passer outre l'étape de la marinade préconisée par les grands chantres de la cuisine starifiée.
Se dire oh zut et continuer quand même, courageusement.

Profiter de l'épluchage et du découpage de trois échalotes costaudes pour se détendre un peu et réfléchir, en tranches fines les échalotes au fait.

Mettre à chauffer de l'huile d'olive et faire rissoler les joues.

Se dire que le changement d'heure est un truc abscons qu'on devrait supprimer, râler sur ce fait, prendre Pilou à partie qui s'en fout mais veut bien rester au vu des odeurs.

Écouter le discret appel des carottes au fond du bac à légumes.
En prendre deux et les débiter en cubes.

Balancer échalotes et carottes dans la marmite, joyeusement, et touiller gaillardement.
Se déchaîner côté assaisonnement : thym, sarriette, romarin, laurier issus en direct de mes nouvelles herbes fournies gentillement par Jupi from la cachina.
Et puis sel et poivre, classiquement. Et de l'ail dégermé et haché.
(Au fait un petit aveu en passant, le poivre, je le pile au mortier avant usage. Incomparable pour le parfum).

Dès que ça accroche un peu, mouiller au vin blanc et gratter les sucs de cuisson à la cuillère en bois.
Compléter avec de l'eau bouillante pour recouvrir la viande.
Faire bloubouter tranquillou.

Une heure et demi plus tard, stopper la cuisson parce qu'il est tard quand même, faut pas déconner.
Constater qu'au bout d'une heure et demi, la joue est dure comme un plot.
Dormir en essayant d'oublier qu'il faut se lever une heure plus tôt le lendemain, arf, mais pourquoi, pourquoi, ce changement d'heure.

Le lendemain après une journée de boulot où t'as couru de partout, rentrer tard et s'y remettre.
Remettre en cuisson.

Au bout d'une demi-heure, recompléter le liquide avec ce qui reste de vin blanc (en tout un demi-litre depuis le début de la recette) et de l'eau bouillante pour remettre le niveau.

Choper cinq navets, les dépecer, les découper en gros morceaux et les adjoindre au plat. Les navets, une fois qu'on est habitués, c'est un légume vraiment très bon. Si, si, je te jure. Je pourrais faire la danse du ventre pour en avoir maintenant tellement je suis addict.

Laisser cuire encore une heure et enfin passer à table.

Verdict : Raaaaaaa, bonheur. Le fond de cuisson a réduit et donne un petit jus monstrement parfumé. La viande est un pur délire de tendresse, un truc de fou qui se découpe comme du beurre et fond en bouche. Et les navets, ça le fait!