Hello,

Je ne sais pas vous mais moi le soleil me tourne la tête, me donne envie de traînasser dehors, d'aller taquiner les fées et les lutins et de ne pas passer trop de temps en cuisine.

Du coup, je suis moins présente par ici, la cuisine va au rapide ce qui ne m'empêche de me préparer des petites choses gourmandes et hypra-simples. Je fais des cures de salade de fruits en profitant vite des dernières oranges, des jolis kiwis et j'ai même eu la chance considérable de trouver mes premières fraises, des petites bestioles poussées sur terre dans les terres lointaines de Nîmes. J'ai craqué, les fraises, ça a pour moi l'effet que le chocolat a sur certaines, pour le prochain achat je vais être sage et attendre l'arrivée des fraises du coin.

Notre AMAP a repris les distributions, les premiers légumes poussent, ils ont la tendresse sauvage et l'impatiente jeunesse et se passent de préparations savantes et compliquées.

Avec mon premier panier du mois, je me suis préparée une salade de début de printemps, colorée et emplie de promesses de soleils à venir


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J'avais un reste de pommes de terre et de poireaux cuits de la veille.
J'ai débité les pommes de terre en petits cubes, fait un petit tas des poireaux.
J'ai haché fin deux échalottes que j'ai parsemé sur les pommes de terre.
Pour rigoler, j'ai soupoudré de piment d'espelette.
Et j'ai mis des petits bâtonnets de fromage de tête
Les feuilles rouges au premier plan, c'est de la chicorée rouge.
Je leur ai adjoint la compagnie de parmesan rapé.
Quatre olives qui baillaient d'ennui au frigo et des rondelles de radis sont venues chapeauter le tout

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Pour la vinaigrette, je voulais un truc un peu costaud pour relever le goût des pommes de terre.
Assaisonées à chaud, elles prennet bien le parfum mais là, cuites de la veille.....fallait du tonus!
J'ai touillé de la moutarde à l'ancienne, de la mayonnaise, du vinaigre, de l'huile d'olive, un tout petit peu de sel, du poivre et du persil.

Petite salade très sympa, c'est agréable de retrouver le goût et la fraicheur de tous ces légumes après l'hiver.

Sinon, il faut que je vous parle d'un dessert terrible, impossible à réaliser ailleurs qu'en Suisse et villes limitrophes.
Il s'agit des meringues à la crème de Gruyères.

Kesaco?
Du fromage?

Non, non, rassurez-vous et voyez plutôt :

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Gruyères est une commune Suisse du canton de Fribourg et outre le fait d'être un petit village merveilleux, d'avoir un superbe château et un chouette musée de science-fiction, c'est un spot culinaire de première qui fabrique une crème fraîche juste divine et des meringues inimitables.
Les deux se mangent ensemble et c'est le mariage parfait. En petite française, pas habituée, on peut être choquée à l'idée d'ingurgiter comme ça de la crème mais une fois qu'on a testé, ça devient une drogue dure.

Pour la recette, c'est donc hypersimple :

Franchir la frontière et arpenter les rayons d'un célèbre grand magasin de Genève, sis non loin de la gare de Cornavin, derière, peu ou prou, la rue de Chantepoulet (si, si, ça existe comme nom, je vous jure!).

Avoir les yeux exorbités devant les rayons chargés de victuailles en provenance de tous les pays du monde.
Etre fort, résister.

Crapahuter vers le rayons Meringues.
Se saisir d'un paquet des vraies meringues celles qui viennent de là-bas.

Aller droit au rayon crèmerie en évitant le rayon chocolat. Un exploit.
Attraper les yeux humides d'émotion un pot de crème de Gruyères.
Vérifier la date, trop vieille, elle fige et le bonheur en devient sacrément réduit.
Ne pas lire que cette crème contient plus de 40% de matière grasse (et ils ne disent pas combien exactement, la discrétion suisse n'est pas un vain mot) ( et pour ça, on les remercie )(si on savait peut-être qu'on en acheterait pas)(quoique)

Rentrer chez soi après un vrai parcours du combattant de guerre automobile genevoise, film joué tous les soirs de 17h30 à 19h00 sur le pont du Mont-Blanc et ce qui en déborde, rive droite, rive gauche et au milieu la rencontre du Rhône et du lac léman.

Faire un câlin au chat qui ne se doute pas du minidrame routier qu'on a vécu pour le rejoindre.
Et un peu plus tard dans la soirée....
quand la nuit tombe...
quand on n'a pas encore manger son dessert...

Ouvrir le paquet. Sortir deux meringues. Les mettre dans un ramequin. Verser de la crème.
Remercier Dieu de la beauté de la vie et l'Helvétie d'être si proche et si gourmande.